Circonscription de Sisteron

Accueil du site > PEDAGOGIE : documents classés par domaines > FRANCAIS > Les mots clés de la transdisciplinarité

Les mots clés de la transdisciplinarité

Présentation du stage "La transdisciplinarité dans les projets d’école" de la circonscription de Sisteron

mercredi 30 janvier 2008


Les quatre mots-clés du stage que je propose.

Je souhaite présenter 4 mots clés qui pourraient, selon moi, caractériser la transdisciplinarité et qui pourraient nous servir de fil rouge tout au long des 6 journées de stage que nous allons vivre ensemble.

J’emprunte le premier mot-clé à un pédagogue soviétique, Lev Wygostky (plusieurs orthographes possibles) qui en 1934, dans un ouvrage intitulé « Pensée et langage » a défini deux concepts : · Le premier : la ZONE PROXIMALE DE DEVELLOPEMENT, la ZPD, que nous utilisons tous lorsque nous préparons une leçon : c’est la distance entre le niveau de devellopement actuel (les problèmes que l’enfant peut résoudre seul, par exemple) et les problèmes que l’enfant peut résoudre pour peu qu’une interaction sociale soit initiée (avec un adulte ou ses pairs par exemple)

ZPD X x Pb que l’enfant Pb que l’E peut résoudre résout seul avec 1 interaction sociale

et c’est dans cette ZPD que je souhaite que nous nous placions pendant le stage

et c’est ce concept qui prépare l’arrivée du premier mot-clé : la pédagogie socio-constructiviste

dans laquelle l’acquisition de connaissances durables est favorisée par la prise en compte du champ social dans laquelle elle est située : le problème que le groupe peut résoudre aujourd’hui, un jour chaque membre du groupe pourra le résoudre individuellement.

Le second mot-clé est emprunté à Philippe Mérieu, aujourd’hui professeur à l’université Lumières Lyon 2, et longtemps directeur de l’IUFM de Lyon.. Toute sa réflexion pédagogique, aussi abondante que passionnante, tourne autour des processus d’apprentissage, et je me référerai à un de ses ouvrages « Apprendre, oui mais comment ? » aux éditions ESF, pour vous proposer ce deuxième mot-clé : La pédagogie du projet

Dans laquelle : · L’élève est associé de manière contractuelle à l’élaboration de ses savoirs · Le moyen d’action est fondé sur la motivation des élèves suscitée par l’aboutissement à une réalisation concrète :

C’est la pédagogie du sens.

Selon moi, on ne peut apprendre que ce qui a du sens : on ne forme pas quelqu’un , enfant ou adulte, malgré lui !

Selon Mérieu, cette pédagogie du projet constitue une réponse à l’agitation, au « zapping » et à l’hyperactivité de certains enfants ou adolescents. (cf : la Gazette de Lurs n°21)

Après Lev Vygotski et Philippe Mérieu, c’est à Jean Foucambert, chercheur à l’INRP et animateur de l’AFL que je fais appel pour proposer le troisième mot-clé de notre stage.

Dans un ouvrage qui date de 1986 intitulé « l’Ecole de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure » paru chez Retz, et qui se lit comme un roman, Foucambert définit la culture générale en ces termes : « c’est l’ensemble des moyens d’analyse, de compréhension, de prise de décision et d’action dont se dote un individu... C’est

un système provisoire de quadrillage et de références »

et je propose donc que nous adoptions ce quadrillage provisoire de références comme troisième mot-clé.

J’imagine ce quadrillage d’abord très lâche, en PS par exemple, puis le maillage se resserre au fur et à mesure de la progression à travers les cycles de l’école élémentaire, mais tout en conservant sa caractéristique fondamentale de « provisoire », c’est à dire pouvant être à tout moment modifié voire remis en question. C’est la cas par exemple de la représentation qu’ont les élèves de la digestion des aliments : · Au cycle 1 : un tuyau avec une ou deux extrémités... · Au cycle 2 : les dents peuvent apparaître dans la schématisation... · Au cycle 3 : une ébauche de schéma plus ou moins conforme à la réalité se mettra en place...

Le dernier mot-clé que je propose fournira, je pense, de la cohérence aux trois précédents. Je l’emprunte, comme l’a fait le Président de la République lors de ses vœux télévisés aux Français, au sociologue Edgar Morin. Je ne parlerai pas de « politique de civilisation », mais d’une communication qu’Edgar Morin a intitulé « Réforme de pensée, transdisciplinarité, réforme de l’université » pour un Congrès International dont le thème était « Quelle université pour demain ? vers une évolution transdisciplinaire de l’Université » en 1997.

Je cite : « Nous savons que le mode de pensée parcellaire, compartimenté, monodisciplinaire nous conduit à une intelligence aveugle... Car connaître, c’est, dans une boucle ininterrompue, séparer pour analyser, et relier pour synthétiser ou complexifier... Je suis convaincu que c’est à l’école primaire que l’on peut essayer de mettre en place, en activité, la Pensée Reliante car elle est présente potentiellement chez tout enfant ».

Je propose donc que notre quatrième mot-clé soit donc :

Pensée reliante.

En guise de conclusion :

Je souhaite que tout au long des 6 journées que nous allons vivre ensemble nous adoptions la démarche « d’ingénieurs en pédagogie » chargés d’une mission de réflexion sur la transdisciplinarité à l’école et que nous utilisions ces 4 mots-clés comme des bornes, des jalons, des balises qui nous permettent à tout moment de nous orienter et de nous situer dans nos travaux, un peu comme peut le faire un GPS en montagne...

Car je suis persuadé que l’enseignant est avant tout un ingénieur, un chercheur, un concepteur et que c’est lui et lui seul qui est le spécialiste des apprentissages à l’école.

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette